novembre 2001
Depuis 5 ans, les associations d’intervenants dans le domaine de l’alcool organisent une journée nationale «alcool». Il s’agit, à travers une telle manifestation, de rappeler la problématique «alcool» en présentant notamment les possibilités de se renseigner sur ces questions et/ou de se faire aider. La présence des institutions et des services est donc indispensable à la réussite de ce type d’action.
C’est dans ce contexte que la revue dépendances a souhaité amplifier l’écho de la manifestation de cette année qui a pour titre: «Face à la dépendance de l’alcool, le courage de faire le pas». Nous avons, dans le cadre d’un séminaire pour la préparation de cette journée, travaillé sur la notion de courage. Le comité de rédaction s’est alors emparé du mot et s’est lancé: pour qui faut-il du courage? Pour les personnes dépendantes, pour la société, pour les intervenants, pour les politiciens? Du courage pourquoi? Pour dire sa maladie, pour accepter de se soigner, pour défendre des idées politiques peu à la mode, pour se remettre en question dans son institution, son service, pour réviser les fondements de ses motivations, pour oser dire que l’on travaille dans ce domaine? Sans doute aussi le courage de voir que les choses changent: que la notion même de «s’en sortir» n’est plus perçue de la même manière, que les types de consommation et les produits ne sont plus nécessairement ceux qu’ils ont été, que le militantisme personnel perd de sa valeur, qu’il est aujourd’hui indispensable de s’appuyer sur la science, de se mobiliser sur le plan politique.
Des aspects philosophiques de la notion de courage aux témoignages d’intervenants ou de personnes alcooliques, de l’analyse de ces changements sociaux vis-à-vis de l’alcool aux adaptations nécessaires dans une institution résidentielle en passant par l’engagement politique nécessaire aux changements, vous trouverez, dans ce numéro, une palette de textes qui, nous l’espérons, vous permettront de trouver le courage de participer activement à une telle journée d’information…
Gérald Progin (secrétaire général du GREAT)