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  3. Dépendances 82
  4. Spécificités et défis de la recherche sur les addictions dans les ONGs

Spécificités et défis de la recherche sur les addictions dans les ONGs
Marina Delgrande Jordan (Addiction Suisse) et Hervé Kuendig (GREA)
Être une chercheuse intégrée dans une institution active sur le terrain : une position clé entre différents acteurs
Jennifer Hasselgård-Rowe, adjointe scientifique et Thomas Herquel, directeur de Première Ligne
Interview
Jean-Félix Savary (HETS Genève) par Frank Zobel (Addiction Suisse).
L’évaluation : demander, réaliser et être évalué
Sanda Samitca, Responsable de recherche au secteur évaluation et expertise en santé publique (CEESAN) d’Unisanté
Addictions : qu’avons-nous appris ?
Gerhard Gmel (CHUV) par Frank Zobel (Addiction Suisse)
De l’importance de coproduire les connaissances : la participation des personnes concernées à la recherche dans le champ des addictions
Nicolas Charpentier et Sandro Cattacin, Institut de recherches sociologiques, Université de Genève
Interview: Politique et recherche scientifique
Felix Gutzwiller par Jonathan Cavanne et Marina Delgrande (Addiction Suisse)
« La drogue » comme science morale et politique ?
Fabrice Olivet, militant associatif, co-fondateur d’ASUD

Dépendances 82 - Rôle de la recherche: Spécificités et défis de la recherche sur les addictions dans les ONGs

septembre 2025

Spécificités et défis de la recherche sur les addictions dans les ONGs

Marina Delgrande Jordan (Addiction Suisse) et Hervé Kuendig (GREA)

Le paysage suisse des acteurs de la recherche non clinique sur les addictions compte plusieurs organisations non gouvernementales (ONGs). Pour elles, les activités de recherche ne sont pas seulement une finalité en soi, mais également un outil au service des missions plus larges qu’elles se sont données et dans la quête de réponses spécifiques et pondérées aux besoins du terrain face à des problématiques en constante évolution. À travers les exemples de la fondation Addiction Suisse et du Groupement Romand d’Études des Addictions (GREA), les auteur·e·s relatent les spécificités de la recherche en ONG ainsi que les défis qu’elle doit relever

Marina Delgrande Jordan (Addiction Suisse) et Hervé Kuendig (GREA)

En Suisse, le paysage varié des acteurs de la recherche non clinique dédiée aux addictions et problématiques associées comprend les institutions de formation et de recherche (p.ex. université, haute école spécialisée), des institutions privées (bureau de recherche et d’évaluation, institut de recherche, ONG) ainsi que d’autres institutions (p.ex. la Centrale nationale de coordination des addictions Infodrog). Chaque type d’acteur a ses propres spécificités en termes de modalités de financement, de proximité avec le terrain et de degré d’engagement en lien aux problématiques d’addictions, entre autres. Les organisations non gouvernementales (ONGs) ont les leurs et c’est ce que nous développons dans cet article, à l’exemple de la fondation Addiction Suisse et du Groupement Romand d’Études des Addictions (GREA).

Les secteurs recherche d’Addiction Suisse et du GREA

Les activités de recherche d’Addiction Suisse et du GREA se sont développées sur des décennies, suivant ainsi – et ayant sans doute contribué à – la transformation profonde et progressive des représentations collectives des consommations de substances psychoactives et, plus récemment, des autres comportements pouvant engendrer une addiction.

Née à Bâle du mouvement d’abstinence en 1902, Addiction Suisse s’est longtemps engagée pour prévenir et réduire les problèmes liés à l’alcool puis, petit à petit, a élargi son champ d’action à d’autres problématiques. Elle réunit sous le même toit des activités d’information et de sensibilisation, de prévention, de recherche et de plaidoyer. Chez Addiction Suisse, la recherche scientifique s’est développée dès le début des années 1970, quand l’institution a voulu mieux cerner la consommation de substances psychoactives au sein de la population Suisse. Aujourd’hui, il compte une douzaine de chercheur·euse·s de disciplines diverses, qui travaillent au niveau local, national et international. Il mène des enquêtes de monitorage et des études ciblées afin d’observer et comprendre les caractéristiques et l’évolution des consommations et usages pouvant engendrer une addiction. Il se consacre en outre à l’analyse des politiques publiques et à l’évaluation d’impact d’interventions préventives, mène des expertises et transmet les savoirs qu’il produit auprès de différents publics.

En tant qu’association faîtière regroupant les professionnel·le·s du domaine des addictions en Suisse romande, le GREA se positionne depuis plus de 60 ans comme un lieu de réflexion, de formation et de dialogue interprofessionnel, avec pour objectif de penser les addictions dans leur complexité, au croisement des dimensions sociales, sanitaires, éducatives et politiques. Son action est guidée par une charte [2] qui exprime à la fois des valeurs partagées et une orientation politique assumée en promouvant une approche humaniste, respectueuse de la personne, de son parcours et de ses choix. Ancrées dans ces principes, les activités du pôle recherche du GREA s’inscrivent au plus proche du terrain. Elles visent à mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées – usager·ère·s de substances, proches, professionnel·le·s – et à nourrir la transformation des pratiques et des politiques publiques en privilégiant des méthodologies qualitatives, participatives et transversales, en étroite articulation avec les réalités des acteurs du champ.

Une recherche intégrée pour répondre aux besoins du terrain

Globalement, les travaux de recherche du GREA et d’Addiction Suisse ont une visée qui reflète leurs missions. Ils sont en effet tantôt destinés aux collectivités publiques et décideur·euse·s politiques, tantôt aux professionnel·le·s du terrain travaillant sous le couvert de chacun des quatre piliers, aux professionnel·le·s de l’éducation et/ou, plus largement encore, au grand public. De fait, leurs travaux ont pour objectif d’être autant que possible en prise directe avec l’actualité et la réalité du domaine. À l’interne, les travaux de recherche ont pour but d’enrichir les supports d’information et de formation ainsi que les renseignements à des tiers, de cibler et d’optimiser les interventions de prévention (Addiction Suisse), de permettre des ajustements nécessaires aux dispositifs socio-sanitaires (GREA) et de soutenir les activités de plaidoyers.

Le défi financier de la recherche en ONG

Addiction Suisse et le GREA disposent, certes, de fonds propres limités qui peuvent parfois (Addiction Suisse) ou exceptionnellement (GREA) servir à cofinancer certains de leurs travaux de recherche. Toutefois, ces derniers doivent s’appuyer pour l’essentiel sur des financements externes. La principale modalité de financement est alors la réponse aux appels d’offres des collectivités publiques (Confédération, cantons, villes, institutions internationales telles que European Union Drugs Agency (EUDA)), qui définissent un cahier des charges précisant leurs besoins. Moins souvent, le GREA et Addiction Suisse prennent l’initiative de soumettre des projets à des fonds (Fonds national suisse (FNS), Fonds de prévention en matière d’alcool, Fonds de prévention du tabagisme, fonds cantonaux) en étant relativement libres de définir le contenu du projet tout en tenant compte des critères d’octroi fixés par ceux-ci (thématique, innovation, rigueur scientifique, utilité pour la société, etc.). Comme certains fonds ne financent pas l’entier des projets soumis (p.ex. pas de prise en charge du salaire de la direction de projet et/ou de certains coûts d’exploitation, financement d’une partie seulement du projet), il s’agit alors de disposer de ressources propres complémentaires ou de chercher des financements additionnels (tâche peu aisée et astreignante au demeurant) pour les réaliser. Dans ce cas, nos ONGs ont un désavantage concurrentiel considérable par rapport aux institutions de formation et de recherche (université, HES) pour lesquelles ce type de coûts est en principe pris en charge par les collectivités publiques. Enfin, une troisième catégorie de financements vient des fonds privés, mais ceux-ci peuvent parfois s’avérer problématiques en termes d’indépendance de la recherche, si bien qu’Addiction Suisse et le GREA y renoncent en général, sauf exception (par exemple financement par certaines fondations) lorsque ce risque peut être écarté.

Ces modalités de financement sont un défi pour les équipes de recherche, dont l’organisation doit être très flexible et qui doivent développer des compétences thématiques et méthodologiques transversales afin de pouvoir imaginer des projets innovants tout en étant en capacité de répondre de manière efficace et adaptée aux besoins variés des financeurs.

Visibilité et reconnaissance

Pour pouvoir se financer, la recherche scientifique conduite au GREA et chez Addiction Suisse a besoin de visibilité et de reconnaissance. Or, dans les conditions de financement décrites plus haut, il est difficile pour nos ONGs de donner un écho scientifique international à leurs travaux et cela implique aussi que les chercheur·euse·s qui nous rejoignent ne poursuivent pas une carrière académique. Cette dernière s’efface de fait au profit de la renommée et de la mission de nos institutions, qui s’engagent toutefois continuellement dans la diffusion des connaissances scientifiques produites via des publications destinées à différents publics. À ce titre, une revue comme Dépendances ou d’autres au niveau national ou international, sont autant que possible employées pour garantir la visibilité et la réputation de nos équipes et de leur travail de recherche dans le champ professionnel. Il faut aussi rappeler qu’un important garant d’objectivité et de rigueur de ces travaux de recherche tient naturellement au fait de l’alignement de quatre tenants fondamentaux de ces démarches : l’éthique professionnelle, l’engagement envers nos financeurs, l’engagement envers nos membres (pour le GREA) et plus largement le réseau professionnel, et respectivement notre charte (GREA) et notre stratégie (Addiction Suisse).

De l’importance des collaborations

Les acteurs de la recherche dans le domaine des addictions sont tantôt concurrents, tantôt partenaires, selon les circonstances. Ces dernières années, les secteurs recherche d’Addiction Suisse et du GREA ont développé des collaborations étroites et répétées sur certains projets de recherche, notamment sur les thèmes des jeux de hasard et d’argent et de la prévention dans le domaine des soins. Par ailleurs, nos ONGs ont des collaborations avec d’autres acteurs de la recherche au niveau national et international. Par exemple, le secteur recherche d’Addiction Suisse collabore régulièrement avec des HES alémaniques ou des institutions universitaires en Suisse romande, et au plan international avec des organismes paraétatiques ainsi qu’au sein du réseau de l’étude Health Behaviour in School-aged Children (HBSC). Le pôle recherche du GREA collabore quant à lui régulièrement en Suisse avec d’autres faîtières professionnelles (le Fachverband Sucht et Ticino Addiction, entre autres) et avec divers acteurs des HES, ainsi qu’au niveau européen avec d’autres ONGs ou institutions paraétatiques ou académiques. Sur le plan scientifique, toutes ces collaborations permettent l’échange de savoir avec d’autres chercheur·euse·s et la mise en commun de compétences au profit des projets concernés, tout en augmentant la visibilité des travaux réalisés.

Des ONGs formatrices pour assurer la relève

Finalement, les équipes de recherche du GREA et d’Addiction Suisse jouent un rôle actif dans la formation de la relève et la diffusion d’une culture scientifique au sein du réseau professionnel des addictions, tant en Suisse romande qu’au niveau national. Par l’encadrement de jeunes chercheur·euse·s, leur contribution à des formations continues ou qualifiantes destinées aux professionnel·le·s des addictions de Suisse romande (formations FORDD) ou en Suisse alémanique, ou de manière plus ponctuelle à des programmes académiques, elles participent au renforcement des liens entre recherche et pratique. Leur engagement dans ces activités, ainsi que l’important travail de vulgarisation scientifique visant à promouvoir les résultats des recherches menées, consolident l’appropriation des savoirs scientifiques par les professionnel·le·s du terrain et (éventuellement) par les décideur euse·s, et favorisent une réflexion critique et informée sur les enjeux liés aux addictions.

Quel avenir pour la recherche sur les addictions dans les ONGs ?

Fortement ancrée dans les réalités du terrain et guidée par des valeurs éthiques et humanistes fortes, la recherche scientifique menée au sein d’ONGs comme Addiction Suisse et le GREA présente de nombreux atouts. Elle se distingue par sa capacité à produire des connaissances utiles, accessibles et directement mobilisables par les professionnel·le·s, les décideur·euse·s et la société civile. Grâce à des méthodologies souples, participatives et transversales, leurs équipes de recherche sont en effet en mesure de répondre de manière adaptée aux enjeux actuels des addictions, tout en nourrissant une réflexion critique sur les politiques publiques dans ce domaine.

Ce type de recherche fait néanmoins face à des défis structurels notables, notamment du fait des contraintes liées aux financements – fragmentés et peu stables, surtout en ces temps d’austérité budgétaire. La recherche en ONG s’impose malgré cela comme un levier précieux pour articuler savoirs, pratiques et politiques. Constamment en quête de réponses spécifiques et pondérées aux besoins du terrain face à des problématiques en perpétuelle mutation, la recherche en ONG gagnerait grandement à être davantage reconnue, mieux soutenue et valorisée à la hauteur de son apport concret aux champs des addictions et de la santé publique.

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