Parmi les nombreux sujets abordés durant cette semaine lors des « side events« , organisés parallèlement aux négociations entre les États, les discussions les plus progressistes ont concerné les questions relatives à la régulation de la cocaïne, aux drogues de synthèse et aux approches humanistes en matière de politiques sur les drogues. Un accent particulier a été mis sur les politiques équilibrées intégrant les personnes concernées, notamment sous l’angle des questions de genre. Ces échanges ont permis d’ouvrir des pistes intéressantes sur la régulation des stimulants, reflétant une préoccupation croissante de la communauté internationale quant à l’impact des politiques actuelles.
La diversité des parties prenantes témoigne de la mobilisation mondiale sur ces questions. Associations, ONG, représentant·e·s des peuples autochtones, expert·e·s en politiques publiques, organisations internationales, gouvernements et entreprises privées ont contribué à ces débats, illustrant ainsi la nécessité d’une approche multidimensionnelle et inclusive.
Le GREA a joué un rôle actif lors de cette semaine en participant à un side event consacré à la régulation de la cocaïne et aux enjeux suisses en la matière. Ce panel, organisé par Transform Drug Policy Foundation, a réuni des spécialistes issus de pays producteurs ainsi que des expert·e·s en politiques publiques sur les drogues.
Du côté de la Colombie, les réflexions en cours sur un modèle de régulation de la cocaïne ont été présentées, une approche qui pourrait marquer une transformation majeure dans la gestion de cette substance dans un pays producteur. Cette démarche pourrait ouvrir la voie à d’éventuelles collaborations avec la Suisse, notamment à travers des projets pilotes. Par ailleurs, un projet de recherche norvégien sur le traitement du trouble de l’usage des stimulants à bas seuil, intégrant la participation des personnes concernées, semble très prometteur. Enfin, la ville d’Amsterdam a exposé sa vision inspirée du Manifeste d’Amsterdam – document signé par le GREA – soulignant l’importance d’une approche pragmatique et fondée sur des données scientifiques.
D’autres organisations majeures, telles que la Global Initiative on Organized Crime, le Transnational Institute et Amnesty International, ont également présenté des rapports significatifs, mettant en lumière des perspectives nouvelles pour mieux aborder les enjeux liés aux addictions et aux drogues.
Les décisions sur les résolutions proposées seront prises, sauf imprévu, le 14 mars 2025 et feront l’objet d’un article du GREA la semaine prochaine. À l’heure actuelle, plusieurs votes ont déjà eu lieu, mettant en évidence l’isolement des États-Unis et de l’Argentine, désormais opposés à toute avancée au niveau international. Le consensus de Vienne, rompu l’année dernière et symbole d’immobilisme en matière d’addictions à la CND, semble définitivement brisé : une nouvelle ère s’annonce.
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