Paris sportifs chez les jeunes : une étude sur les trajectoires

29.07.2026

Une enquête qualitative française auprès de 51 jeunes éclaire l’entrée dans les paris sportifs, alors que la Suisse renforce ses contrôles de protection des mineurs.

sportifs, alors que la Suisse renforce ses contrôles de protection des mineurs.

Publiée le 17 juillet 2026 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), l’étude PProJeTIM repose sur des entretiens menés auprès de 51 mineur·e·s et jeunes majeur·e·s en France. Elle documente, de l’adolescence aux premières années de l’âge adulte, les mécanismes d’entrée dans le pari sportif, la diversité des trajectoires et les leviers de sortie du jeu. Ces constats font écho aux préoccupations actuelles en Suisse romande, où des tests menés par les autorités de surveillance ont récemment mis en évidence des failles dans le contrôle de l’âge auprès des points de vente.

Une entrée façonnée par l’entourage et la publicité

Selon l’étude, l’initiation aux paris sportifs s’inscrit dans une phase d’acculturation progressive, où la pratique est normalisée par l’entourage familial, l’exposition publicitaire et l’influence des réseaux sociaux. De nombreux mineur·e·s parviennent à parier sur des applications en ligne grâce au concours d’adultes de leur famille, ou directement en point de vente — un contournement qui facilite un apprentissage précoce de la pratique malgré l’interdiction légale. Le cercle amical joue également un rôle central : le pari sportif y devient une activité fédératrice, un véritable outil de socialisation au sein du groupe de pairs.

Entre plaisir partagé et recherche de profit

Les jeunes interrogé·e·s oscillent entre deux logiques : un pari « hédonique », centré sur le plaisir ludique et la socialisation entre ami·e·s, et une recherche plus rationalisée de gain, où le parieur mobilise des outils d’analyse statistique ou des pronostiqueurs pour tenter de réduire la part d’aléa. L’étude identifie ainsi plusieurs profils, du novice occasionnel au joueur à visée quasi professionnelle, en passant par le parieur « sociable » qui privilégie l’aspect collectif. Chez les jeunes femmes, la pratique reste le plus souvent ponctuelle et motivée par des raisons relationnelles, fréquemment avec l’appui d’un conjoint ou d’un ami — une situation qui s’accompagne d’une stigmatisation sociale et de stéréotypes de genre plus marqués.

Quand le pari devient un facteur de vulnérabilité

Pour une partie des jeunes concerné·e·s, le pari sportif est perçu comme une réponse à des difficultés socio-économiques, ce qui peut conduire à des pratiques excessives affectant la santé et favorisant l’isolement social. L’étude souligne que la sortie de ces trajectoires problématiques passe généralement par un « déclic », suivi d’un travail d’introspection et de déconstruction des représentations positives associées au jeu. Le soutien de l’entourage proche — en particulier des mères ou des conjointes — apparaît alors déterminant dans ce processus de désengagement.

Un éclairage utile pour la Suisse romande

Ces constats font écho à l’actualité suisse : des achats-tests mandatés par la Gespa (Autorité intercantonale de surveillance des jeux d’argent) ont montré que, dans près de la moitié des cas testés en 2025, des mineur·e·s avaient pu conclure un pari sportif dans un point de vente. Selon l’Enquête suisse sur la santé 2022, les 15–24 ans présentent un risque de jeu problématique deux fois plus élevé que le reste de la population. Pour les professionnel·le·s romand·e·s, ces éléments renforcent l’intérêt d’une prévention précoce, mobilisant à la fois l’entourage familial, l’école et les pairs, dans la logique des quatre piliers qui structure la politique suisse en matière d’addictions. Le dossier Jeux d’argent du GREA et le site parlons-jeu.ch offrent des ressources pratiques pour orienter les personnes concernées et leurs proches.

    Ne manquez rien de l'actu addictions

    Chaque vendredi, retrouvez l'actualité, les prochaines formations ou encore les publications du GREA.