Une stigmatisation présente dans les milieux soignants
En Suisse, les 10 à 20 % de personnes consommatrices qui nécessitent une prise en charge se heurtent fréquemment à la stigmatisation, y compris dans les milieux de soins (UNODC, World Drug Report 2023). Selon une étude publiée dans le Lancet Regional Health Europe (2026), 50 % des personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances ont dissimulé leur consommation à des professionnel·le·s de santé par peur d’être jugées ou mal traitées. Cette stigmatisation limite directement l’accès aux soins et leur qualité.
Des recommandations pratiques
L’infographie rappelle l’importance du choix des mots dans la relation soignant·e/patient·e. Des termes comme « alcoolique » ou « toxicomane » induisent un cadre moralisateur, tandis qu’un langage centré sur la personne : « personne souffrant d’une dépendance à l’alcool », « personne présentant une dépendance aux opioïdes », favorise une relation de soin plus respectueuse et plus efficace.
L’infographie formule six recommandations cliniques : demander l’autorisation avant d’aborder la consommation ; évaluer celle-ci avec une approche motivationnelle ; utiliser un langage centré sur la personne ; intégrer les proches comme ressources ; travailler en réseau avec les structures spécialisées de la région ; proposer des mesures de réduction des risques comme alternative à l’abstinence.
Deux outils complémentaires
Cette ressource fait écho au guide Couverture médiatique des personnes avec des problématiques d’addictions (guide média), publié par le GREA, le Fachverband Sucht et Ticino Addiction, qui formule des recommandations similaires à destination des journalistes et des rédacteur·trice·s. Ensemble, ces deux outils couvrent des espaces complémentaires, la salle de rédaction et le cabinet médical, dans une même démarche de lutte contre la stigmatisation.
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