La lacune majeure du projet est claire : les plateformes doivent identifier les risques pour la santé publique, mais ne sont pas tenues d’agir pour les réduire ni de les aborder sur le plan social. Le GREA demande une obligation explicite d’atténuation, incluant les impacts sur le bien-être physique et mental de toutes les personnes concernées, avec une attention particulière à la protection des mineurs et les groupes vulnérables. En outre, il demande une approche collective des questions d’hyperconnectivité.
Encadrement strict de la publicité ciblée pour les produits nocifs
Le profilage permet de cibler précisément les personnes vulnérables avec de la publicité pour l’alcool, le tabac et les jeux d’argent. Le GREA demande :
Systèmes de recommandation respectueux de l’autonomie
Les algorithmes conçus pour maximiser l’attention exploitent des mécanismes psychologiques favorisant des comportements compulsifs ou rendant difficile le désengagement. Le GREA demande l’obligation d’offrir des alternatives qui ne reposent ni sur le profilage ni sur la maximisation de l’interaction.
Mesures d’accompagnement sociale indispensables
Une loi ne suffit pas à elle seule. Le GREA soutient des mesures complémentaires essentielles : restreindre les designs manipulateurs (Dark Patterns, infinite scroll, notifications push, autoplay), promouvoir les compétences médiatiques et numériques pour tous les groupes d’âge, et encourager la recherche interdisciplinaire selon une approche globale associant sciences sociales, sciences techniques, santé publique et société civile.
Une régulation est nécessaire
Le GREA soutient pleinement cette initiative législative. Face aux défis croissants posés par les plateformes numériques sur la société, il est impératif que la Suisse se dote d’un cadre réglementaire adapté. Cette loi représente une opportunité essentielle pour protéger les populations vulnérables et renforcer l’autodétermination de tous les utilisateurs et les utilisatrices face aux pratiques manipulatoires. La régulation des plateformes n’est plus une option, mais une nécessité sociale. Dans ce cadre, l’expérience des professionnel·le·s des addictions dans le domaine de la régulation peut être cruciale pour renforcer le projet de loi.
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