décembre 2025
Alors qu’approchent les fêtes de fin d’année, et avec elles les injonctions plus ou moins fortes à célébrer (et donc à boire !), Dépendances vous propose une plongée dans les questions d’alcool et d’interroger la science, les données, les politiques publiques et nos représentations sociales sur ce produit omniprésent dans notre société.
Rien ne bouge en matière de politique alcool depuis de nombreuses années – ou du moins, ne bouge dans le bon sens. Au niveau fédéral, la dernière mesure de prévention structurelle adoptée, avec l’imposition spéciale des alcopops, a plus de 20 ans. Depuis, c’est le calme plat : le Parlement a tenté de réviser la Loi sur l’alcool il y a une dizaine d’années, mais ce processus s’est conclu sur un échec cuisant et la réforme a été enterrée en 2015. L’entrée en vigueur de la Stratégie nationale Addictions en 2017 a ensuite sonné le glas de toute vision stratégique nationale et coordonnée sur l’alcool. Aujourd’hui, l’heure est aux coupes budgétaires dans la prévention des addictions.
L’ère post-covid dans laquelle nous vivons semble pourtant avoir quelque peu bousculé nos habitudes de consommation. Cet été, la viticulture suisse s’est mobilisée pour alerter l’opinion sur la chute de ses ventes : on ne boirait donc plus assez de vins suisses et la filière, pourtant largement subventionnée par la Confédération, est en danger. En juillet, Guy Parmelin, Conseiller fédéral mais également viticulteur, a déclaré qu’on ne pouvait pas forcer les gens à boire, mais « qu’[il] aimerait bien que les gens boivent plus ». Pour l’anecdote, à la suite de cette polémique, un journaliste a demandé au GREA si la prévention alcool n’était pas responsable de la faillite des vigneron·ne·s suisses. Rappelons que la Confédération dépense 9 millions de francs par année rien que pour promouvoir le vin suisse (hors paiements directs à la viticulture), alors qu’elle accorde un budget de 4 millions pour la mise en œuvre de l’ensemble de la Stratégie Addictions.
Évidemment, c’est la population qui trinque de l’absence de leadership fédéral sur les questions liées à l’alcool, tandis que le lobby en profite. Dans les cantons, on tente de libéraliser les réglementations sur la vente. Au Parlement, on dépose des motions pour interdire à la Confédération de formuler des recommandations de santé publique sur les niveaux de consommation. Sans messages clairs de santé publique, la désinformation permet à l’industrie de diffuser les siens.
Ce numéro de Dépendances permet de remettre l’église au milieu du village : les articles proposés permettent de faire le point sur les données de la consommation d’alcool en Suisse ou sur les dernières connaissances scientifiques. L’évolution de l’accompagnement, des représentations ou des politiques alcool est également abordée. Un bel outil pour toute personne qui cherche des informations fiables et actuelles sur l’alcool en Suisse !
Pour revenir sur les coupes budgétaires, sachez, cher lectorat, que la Confédération a supprimé son soutien financier à notre revue. La pérennité de Dépendances est donc menacée. Le comité de rédaction s’active pour trouver de nouveaux financements, mais si vous appréciez cette revue, nous comptons sur votre soutien ! Abonnez-vous à la revue Dépendances (en souscrivant à un abonnement sur le site d’Addiction Suisse ou en devenant membre du GREA) et ainsi, permettez au réseau romand de continuer d’accéder à des informations et des actualités de qualité sur les questions d’addictions.
Merci pour votre soutien.
Commandez votre revue sur le shop d’addiction Suisse.
Camille Robert
Chaque vendredi, retrouvez l'actualité, les prochaines formations ou encore les publications du GREA.