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Le prix minimum par unité d’alcool sauve des vies

France
20.10.2023

C’était une des mesures phares défendues par les spécialistes lors de la dernière révision de la loi sur l’alcool en Suisse. Certaines provinces canadiennes l’avaient mis en œuvre avec succès, aujourd’hui l’expérience écossaise démontre une efficacité après évaluation. Cette mesure est actuellement retenue dans le projet de financement de la Sécurité sociale en France.

La loi sur le financement de la Sécurité sociale française permet d’adopter des mesures de santé publique. La Fédération Addictions salue le fait que le projet actuel intègre pour l’instant un prix minimum par unité d’alcool. Très concrètement, cela signifie, selon l’amendement AS793, qu’une boisson alcoolique ne pourra pas être vendue en dessous d’un prix inférieur à 0,50 € par décilitre d’alcool pur.

Cette mesure a été mise en œuvre il y a quelques années en Écosse, après d’importantes tentatives de l’industrie de bloquer sa mise en œuvre. Cette dernière s’était peut-être alarmée de l’efficacité déjà démontrée au Canada d’une telle mesure. Une évaluation indépendante a conclu qu’après deux ans et demi d’expérience, des centaines de morts ont pu être évitées et les inégalités de santé ont été réduites, comme le rappelle l’OMS. L’organisation internationale souligne depuis longtemps que ce type de mesures, focalisées sur les prix, est parmi le « top 3 » des plus efficaces, en publiant notamment un rapport dédié l’année passée. Le Pays de Galles et l'Irlande ont récemment adopté cette mesure.

Plus précisément, Public Health Scotland a démontré en particulier une diminution de 13,4 % des morts directement liée à cette mesure. L’analyse démontre en outre que les effets sont les plus forts dans les régions défavorisées.

Il est important de souligner que cette mesure ne remplace pas un accompagnement adapté, en particulier pour les personnes en situation d’addiction. Il peut de plus y avoir un impact financier négatif chez les personnes les plus précarisées. Il convient ici d’apporter des réponses dédiées, avec un accompagnement spécifique des personnes concernées, de développer des mesures contre la précarité.

Le GREA invite à reprendre le travail sur l’introduction de cette mesure efficace et efficiente en Suisse, après le débat avorté en 2013. La mesure avait été adoptée par le Conseil des États, puis abandonné par la suite, avec le reste du projet de loi.