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La SSAM se penche sur l’accompagnement de la consommation de crack et de cocaïne

29.02.2024

La Société Suisse de Médecine de l'Addiction (SSAM) souligne que des pistes intéressantes existent et pourraient faire l’objet de mesures d’accompagnement complémentaires aux mesures proposées par les professionnel·le·s des addictions. La prise de position publiée conjointement est saluée par le GREA.

Les situations d’addiction en lien avec la consommation de crack et de cocaïne sont aujourd’hui de plus en plus constatées sur le terrain, notamment avec la visibilité accrue de scènes ouvertes. Le GREA a émis des recommandations sur ce sujet, soulignant notamment l’importance de faciliter l’accès au soin. C’est sur cette thématique, et plus particulièrement sur les traitements médicamenteux, que la SSAM a élaboré un rapport intitulé « Traitements des troubles de l’usage de crack et cocaïne » sur mandat de l’OFSP.

Dans ce document, les méthodes pharmacothérapeutiques connues sont passées en revue et analysées de manière claire et synthétique. En effet, les traitements avec des stimulants comme le modafinil, le méthylphénidate et les amphétamines sont utilisés en milieu clinique, l’idée étant de proposer des substances avec des effets analogues. Bien qu'il n'y ait pas encore de résultats concluants et définitifs, par exemple à travers des méta-analyses, des retours de terrain positifs existent, de même que certaines études intéressantes. Les auteur·e·s font l’hypothèse, selon leurs connaissances de la clinique, que certaines substances pourraient être administrées dans le cadre de recherches en doses plus importantes pour obtenir de meilleurs résultats. En outre, ils reviennent sur des projets de traitement à base de cocaïne, comme dans l’étude suisse PROVE, ou encore au Royaume-Uni et au Pérou, qui ont donné des résultats prometteurs, mais à petite échelle. Finalement, des approches pharmacologiques alternatives sont également présentées, avec des produits comme le disulfirame, la N-acétylcystéine (NAC) et le Mavoglurant. Les résultats semblent peu concluants pour la NAC et le disulfirame pour l’instant, avec des risques particulièrement importants pour ce dernier. Le Mavoglurant semble par contre plus prometteur, comme devrait le confirmer une étude internationale - avec une participation helvétique - à paraitre prochainement.

Il convient de souligner qu’aucune substance n’est autorisée pour l’accompagnement de la dépendance à la cocaïne. Les auteur·e·s imaginent des pistes de recherche qu'il conviendrait d'approndir :

  • Mavoglurant ou produits comparables
  • Remise sous contrôle médical de cocaïne (avec administration par voie nasale ou sous forme fumable)
  • Doses plus élevées de (lis-)dexamphétamine
  • Combinaison de préparations à action rapide et de préparations à action retardée et de formes galéniques

Finalement, la SSAM a également émis une position (en allemand) qui est résumée en quatre points :

  1. Un renforcement de la recherche
  2. Une amélioration de l'accès aux soins pour les consommateurs/trices
  3. Un financement stable
  4. Une adaptation du statut légal de la cocaïne également pour la consommation récréative