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Deux tiers des résidents en EMS sous psychotropes

12.06.2012

Deux tiers des pensionnaires d'EMS sont mis sous calmants, selon une enquête du Matin Dimanche et de la SonntagZeitung. Un chiffre qui relance le besoin d'une stratégie politique durable en la matière.

Pour l'association Alzheimer Suisse, les démences constituent un des défis majeurs de la politique sociale.Deux tiers des pensionnaires de homes pour personnes âgées sont tellement atteint dans leurs facultés cérébrales que l'on peut parler de démence. C'est ce que conclut une étude de l'association Alzheimer Suisse, dont les résultats sont publiés dans la SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche.

L'étude a porté sur 26'000 personnes âgées résidant dans 400 EMS en Suisse. Le diagnostic de démence a été prononcé dans 64,5% des cas. En outre, l'association Alzheimer Suisse craint que la situation n'empire: le nombre de cas de démence va encore augmenter, selon sa directrice Birgitta Martensson. Leur nombre pourrait même tripler d'ici 2050.

En mars dernier, le Parlement avait approuvé les motions Steiert et Wehrli. Elles demandent que la Confédération, avec les cantons et les organisations concernées, mette en place une stratégie durable face à la maladie d'Alzheimer et aux autres formes de démence.

Pour l'association Alzheimer Suisse, les démences constituent un des défis majeurs de la politique sociale. Elle estime que le pays manque d'offres de soins et d'accompagnement réellement adaptées aux besoins des personnes atteintes de démence et la pénurie prévisible dans le domaine des soins va encore s'accentuer. Elle prône une politique qui permette aux malades de vivre à la maison aussi longtemps que possible. Ce qui correspond au souhait d'une majorité de la population.

Une stratégie à l'échelon national, selon l'association, doit promouvoir le dépistage et le diagnostic au stade précoce de la maladie car il est possible de retarder le cours de la maladie et le besoin d'aide par des thérapies et des mesures spécifiques. Il s'agit également de soutenir les proches soignants car ils ont besoin d'informations et de conseils, ainsi que de moments de répit. Ce qui peut se faire en confiant le malade à un centre de jour ou de nuit, à un EMS pour un court séjour ou en recevant un soutien ponctuel à la maison par des aides externes.

La Suisse a encore des efforts à faire en améliorant le niveau des connaissances et l'acceptation des démences dans la société. Il faut tout d'abord s'assurer que toutes les personnes appelées à soigner et accompagner des malades aient les connaissances nécessaires en matière de démence, estime l'association. Il faut également mettre en place des offres et des programmes d'information afin que les personnes atteintes de démence puissent être intégrées aussi longtemps que possible dans leur cadre de vie habituel.