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  1. Page d’accueil
  2. Addiction(s) : recherches et pratiques
  3. Addiction(s) : recherches et pratiques 5
  4. Edito

Edito
Grégory Lambrette (centre de consultation en addiction au Grand-Duché de Luxembourg)
On dirait l’URUD
Philippe Lempereur (CEID)
En Suisse, une pirse en charge plus médicale que psycho-sociale
David Lembrée (Établissement de détention « La Promenade »)
Droits humains, santé et addictions en prison
Hans Wolff
Réduction des risques en prison: avancées et limites de l’expérience canadienne
Cécile Kazatchkine, Sandra Ka Hon Chu (Réseau juridique VIH)
L’interdisciplinarité dans la prise en charge des conduites addictives en milieu pénitentiaire
Nicolas Peigné (HUG), Melody Bozinove (Fondation les oliviers), Georges Gottignies (Fondation du Levant)
Un guide pour favoriser la coopération santé-justice autour des soins obligés en addictologie
Marie Gaubert (Fédération Addiction)
Au Luxembourg, des programmes de prévention à destination des jeunes le plus souvent orientés sous contrainte
René B. Meneghetti (Service Impuls Psychothérapeute)
Addiction et victimisation: portrait d’une réalité clinique
Nadine Blanchette-Martin (CIUSSS-CN1/CISSS-CA2), Catherine Rossi (Université Laval), Annie-Claude Savard (Université Laval), Maggie-Audrey Bernier (CIUSSS-CN/CISSS-CA), Gabrielle Ehouarne (CIUSSS-CN/CISSS-CA), Mélanie Blais (CIUSSS-CN/CISSS-CA), Rosalie Genois (Université de Sherbrooke), Chantal Plourde (Université du Québec à Trois-Rivières)
La réduction des risques en centre pénitentiaire, entre déni, réticences et bienveillance
Dominique Blanc (UCSA, Marseille), Marie Jauffret-Roustide (Santé publique France)
Alter Ego : un dispositif d’aide spécialisée aux personnes dépendantes justiciables
Dorothée Melnik, Ludovic Louissaint ( Alter Ego Trempoline), Fabrice Lejeune (« Premier contact » Trempoline)
Etat des lieux des usages de drogues en détention: prévalences d’usage, risques sanitaires et sociaux, réponses publiques
Julien Morel d'Arleux et Caroline Protais (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) et Marie Jauffret-Routside (Cermes3)
Prisons : Réductions des risques, une politique en sursis
Jérôme Poulin, kris Meurant, Bruno Valkeneers (Association Transit)
Prise en charge justiciables, assuétudes, santé mentale: l’intervision santé mentale justice assuétudes, une partie de la réponse sur le territoire de la région de Bruxelles-Capital
Barbara Pauchet (Assuétudes, Plateforme de concertation pour la santé mentale en Région de Bruxelles-Capitale)

Addiction(s) : recherches et pratiques 5 - Santé – Justice: Ambiguïtés et bricolage: Edito

décembre 2020

Edito

Grégory Lambrette (centre de consultation en addiction au Grand-Duché de Luxembourg)

Au-delà du débat sur l’inadéquation de la sanction pénale en réponse aux consommations de psychotropes, se pose aujourd’hui encore l’importante question de l’articulation entre « santé » et « justice ». Si les logiques punitives ou coercitives – comme pour ce qui relève, par exemple, de l’obligation de soins – inscrivent certaines formes d’addictions dans le champ des déviances et de la criminalité, ces mêmes logiques se doivent de penser en termes de « trajectoires de soins » si elles ne veulent pas prendre le risque d’aggraver le mal qu’elles sont censées « soigner ».

Si la justice a vocation à être un organe de régulation sociale en protégeant la société civile et en corrigeant tout écart trop conséquent à la norme légale, elle ne peut ignorer les principes de continuité des soins et de protection de la personne, fussent-ils inscrits dans une logique de réduction des risques et des méfaits. Comment dès lors articuler, ou mieux encore, comment intégrer « santé » et « justice » dans une politique dont la finalité se veut, du moins est-ce là sa prétention ultime, inclusive ? Plusieurs expériences laissent entrevoir une cohabitation possible, auprès des plus jeunes comme auprès des adultes, entre ces deux dispositifs qui ne s’excluent pas forcément. La justice réparatrice, ou la justice résolutive de problèmes en est le parangon. Mais d’autres exemples existent également. Il n’en reste pas moins que des zones d’ombre demeurent et entretiennent ces « bricolages » souvent bien fragiles auxquels bon nombre d’intervenants de terrain sont confrontés. C’est que ces deux univers ont leurs paradigmes, leurs traditions de pensées et leurs rhétoriques. Ils ne partagent pas per se, c’est là d’ailleurs le principal écueil, les mêmes indicateurs – quand indicateurs il y a -, qu’ils soient de protection ou même de transformation des individus, pour le dire de manière générique. Mais des modèles existent, même si d’autres demandent encore à être créés.

Restent finalement l’ambition politique et la place que nous souhaitons conférer à celles et ceux qui ont décidé de s’adonner à ces conduites addictives. Comment accepter cette diversité sociétale qui nous fonde et nous caractérise sans que celle-ci ne nuise aux libertés fondamentales, aux droits comme aux devoirs humains auxquels peut prétendre tout un chacun ? Quels liens voulons-nous tisser entre ces différences avec lesquelles il nous faut composer ? Il n’est plus ici question de dedans et de dehors, de temps judiciaire et de pragmatique du soin, mais d’une écologie de la pensée en voie, espérons-le, de développement et où doivent pouvoir coexister des réalités multiples sans qu’elles ne se grèvent mutuellement. Une écologie de la pensée, et ce faisant des pratiques, où la discrimination ne doit pas se surajouter à la sanction, où un processus judiciaire et le soin doivent, conjointement, avoir pour visée une réintégration durable de l’individu.

Comment dès lors aider et garantir les droits de l’usager judiciarisé ? Comment repenser l’action publique au sein de l’institution judiciaire ? Quelles constructions, quels liens sont possibles (ou impossibles) entre ces continents ? Ce sont à quelques-unes de ces questions que le présent numéro entend répondre.

5_1_Edito_Lambrette_Addictions_2020.pdf
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