Le rapport mondial sur les drogues 2024 de l’UNODC (re)confirme l’échec de la guerre contre la drogue. Ainsi, le marché illégal continue de prospérer en dépit des milliards investis dans des mesures répressives. Dans le même temps, les risques pour la santé des personnes consommatrices, tels que les surdoses et l’hépatite C, restent alarmants.
De son côté, Tlaleng Mofokeng, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à la santé, propose une analyse antiraciste et intersectionnelle sur cette thématique. Elle est également favorable à la décriminalisation et à la réduction des risques. Elle insiste sur l’urgence de revoir les approches répressives, qui exacerbent la stigmatisation et les inégalités, tout en ignorant la réalité universelle et historique de l’usage de drogues.
Dans cette optique, Fabrice Olivet accorde une interview au site Blast. Il met en lumière le rôle central du racisme dans les politiques de répression des drogues, aussi bien en France qu’à l’étranger. S’inspirant notamment des travaux de Michelle Alexander, militante américaine pour les droits civiques, il analyse les dynamiques historiques, politiques et sociales qui sous-tendent la guerre contre la drogue. Il souligne, par exemple, qu’en France, elle sert d’outil pour marginaliser et criminaliser certaines communautés, en particulier les personnes noires et les populations issues de l’immigration.
Hormis l’aggravation de crises sociosanitaires majeures, Olivet souligne ainsi la criminalisation et la stigmatisation des minorités. Il offre une perspective essentielle pour repenser des enjeux et des mécanismes de la guerre contre la drogue. Ceux-ci concernent aussi les pays européens, notamment la France. Ses réflexions invitent donc les professionnel·le·s du domaine des addictions à poursuivre leur lutte pour des politiques plus humaines, inclusives et axées sur la réduction des risques, adaptées aux réalités sociales et sanitaires.
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