En 2025, la Gespa (Autorité intercantonale de surveillance des jeux d’argent) a mandaté une campagne d’achats-tests : des mineur·e·s tentaient d’accéder aux paris sportifs, interdits aux moins de 18 ans. La Loterie Romande et son équivalent alémanique Swisslos ont depuis engagé une procédure juridique pour bloquer ou retarder la publication de ces résultats. Ni les opérateurs ni la Gespa ne commentent la situation.
Pour les professionnel·le·s et spécialistes des addictions, ce signal est d’autant plus préoccupant qu’une expérience similaire menée par la RTS en 2024 avait montré qu’un adolescent avait pu parier dans 6 kiosques sur 10 à Genève.
Cette affaire met en lumière une contradiction inhérente au modèle suisse des loteries : les opérateurs chargés à la fois de proposer des jeux et d’en prévenir les excès se retrouvent en situation de conflit d’intérêts dès lors que des résultats d’évaluation leur sont défavorables. Pour les professionnel·le·s romand·e·s du domaine, l’indépendance des dispositifs de surveillance et la transparence des données constituent des prérequis non négociables à toute politique de prévention crédible.
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