La Plateforme Prisons du GREA a tenu sa séance du 10 juin 2026 dans les locaux de la Fondation Les Oliviers (FLO), au Mont-sur-Lausanne. Réunissant des représentant·e·s d’institutions résidentielles, de services hospitaliers, d’organisations de réduction des risques et du milieu pénitentiaire, cette rencontre a permis à la FLO de présenter son dispositif dédié à l’accompagnement des personnes placées sous mesures pénales, et d’ouvrir des discussions nourries sur les défis communs du secteur. Le GREA remercie chaleureusement l’équipe des Oliviers pour son accueil et la qualité de la présentation proposée.
Un dispositif structuré autour du modèle RBR
Créé il y a deux ans, le dispositif « Mesures pénales » de la FLO accueille des résident·e·s placé·e·s sous différents régimes (art. 59, 60, 62 CP et 236, 237 CPP). La prise en charge articule le modèle Risque-Besoins-Réceptivité et le Plan d’exécution de la sanction PLESORR — le Processus latin d’exécution des sanctions orienté vers le risque et les ressources. Cet outil structure le suivi autour de neuf domaines de vie : attitude et comportement, relations socio-familiales, travail et occupation, loisirs, finances, réparation du dommage, santé, travail sur l’infraction et insertion dans la collectivité. La prise en charge s’inscrit par ailleurs dans un cadre de régime progressif par phases, dans une posture fondée sur la non-stigmatisation et l’alliance dans l’aide contrainte.
Des transitions à mieux préparer
La gestion de la transition — soit l’accompagnement structuré du passage de la détention vers la vie en milieu résidentiel puis en liberté — constitue un enjeu reconnu de la réinsertion et de la prévention de la récidive. Les échanges ont confirmé que ce moment reste particulièrement délicat : les entretiens de pré-accueil menés en détention peinent à restituer la réalité concrète de la vie en collectivité, et les personnes placées sous art. 60 CP, souvent peu familières des institutions résidentielles, nécessitent une préparation renforcée. Des pistes ont été évoquées : immersions préalables, séances d’information structurées en milieu pénitentiaire, généralisation des périodes d’observation. Une anticipation plus précoce permettrait de sécuriser les parcours et d’éviter les ruptures qui compromettent durablement l’accès aux soins et à l’accompagnement.
Fédéralisme et inégalités de traitement
L’hétérogénéité des pratiques entre cantons constitue un autre défi. Des résident·e·s originaires de cantons différents se retrouvent dans un même établissement avec des régimes d’exécution distincts, certaines autorités étant sensiblement plus strictes que d’autres. Ces inégalités génèrent frustrations et sentiment d’injustice auprès des personnes concernées. Les travaux d’harmonisation en cours au sein du Concordat latin ont été salués, et la FLO s’inscrit activement dans cette dynamique. Les échanges ont également reflété un consensus croissant parmi les professionnel·le·s : des exigences d’abstinence totale, difficiles à tenir sur la durée, peuvent fragiliser des parcours par ailleurs stables et nuire à l’alliance thérapeutique.
Des profils complexes, des ressources à renforcer
La présence fréquente de troubles psychiatriques importants en arrière-plan des problématiques addictologiques complexifie l’accompagnement. La disponibilité d’un·e psychiatre au sein de l’équipe est identifiée comme une plus-value. Par ailleurs, la FLO fait état d’une aggravation préoccupante de l’usage de crack parmi les résident·e·s sous mesure pénale, avec des effets sévères sur la santé et la stabilité des parcours. Cette problématique émergente appelle une réflexion collective sur les ressources et les approches adaptées.
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