Une administration américaine isolée
La nouvelle administration américaine a profondément modifié les équilibres diplomatiques à Vienne. Plus agressive que ses prédécesseurs, elle s’est opposée à des références clés comme les Objectifs de Développement Durable, la réduction des risques, les droits des femmes ou encore l’autorité de l’OMS.
Cette stratégie, loin de renforcer son influence, a plutôt isolé les États-Unis sur la scène onusienne. Plusieurs pays, y compris des alliés historiques, ont pris leur distance, choisissant d’appuyer des propositions portées notamment par des États du Sud global, en quête de politiques plus justes et efficaces. C’est ce qui a permis l’adoption d’une réforme globale du système que nous avions salué il y a peu et 6 autres résolutions progressistes, comme le montre l’excellente infographie ci-dessous.
Conception: Juan Fernandez Ocha, IDPC
Le retour du vote et la fin de l’inertie
Autrefois dominée par le consensus – souvent synonyme de blocage –, la CND voit le vote redevenir un levier central. Les États assument désormais leurs désaccords, brisant une inertie qui neutralisait toute avancée progressiste. L’IDPC et Transform soulignent que cette politisation accrue reflète une transformation multilatérale : les rapports de force évoluent vers plus de pragmatisme et de démocratie.
Un séisme institutionnel
La nouvelle administration américaine est arrivée à Vienne en annonçant une potentielle coupe drastique de 40 % du budget de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en charge de l’organisation de la CND. Cette annonce a entrainé une panique parmi le personnel quelques jours à peine avant la session.
Cette démonstration de force, combinée à une rhétorique agressive, a surpris jusque dans les rangs de ses partenaires traditionnels et contribué à l’isolement diplomatique des États-Unis.
Si certains voient dans cette coupe budgétaire une opportunité de réformer des programmes peu efficaces porté par l’UNODC et orienté vers la prohibition et une prévention désuète, d’autres y perçoivent un retrait plus large et brutal du multilatéralisme. Cette stratégie affecte également des agences essentielles, comme l’OMS, le HCDH, l’ONUSIDA et le PNUD, annonçant des conséquences potentiellement dramatiques.
Pris dans son ensemble, c’est un séisme institutionnel, aux conséquences potentiellement dramatiques. Ce dernier peut être mis en exergue par le démantèlement en cours sur le territoire étasunien des agences de santé.