Le postulat déposé par Johann Dupuis (Ensemble à gauche) part d’un constat documenté : la cocaïne est la deuxième substance illicite la plus consommée en Suisse après le cannabis. Le postulant relève que dans le Canton de Vaud, environ une demi-tonne de cocaïne circulerait chaque année sur le marché illicite, touchant plus de 10’000 consommatrices et consommateurs, y compris occasionnels. L’augmentation de la précarisation et de l’augmentation de la consommation de crack rend la gestion des espaces de consommation et de l »espace urbain plus difficile.
Le texte invite la Municipalité à examiner l’opportunité de s’associer à d’autres grandes villes suisses – avec la collaboration des cantons et des spécialistes des addictions – pour solliciter l’accord de la Confédération en vue d’un projet pilote (comme cela a été fait par le passé pour le cannabis). Les partisan·e·s du postulat soulignent que la régulation de la cocaïne pourrait contribuer à assécher le marché illégal, à contrôler la qualité des substances distribuées et à améliorer le lien avec les usagères et usagers.
Lausanne est la deuxième ville à se positionner pour un projet-pilote cocaïne, après la Ville de Berne qui avait adopté un postulat similaire en juin 2023. Bien qu’à l’heure actuelle, le droit fédéral ne permette pas la réalisation de tels projets pilotes, il convient de se rappeler que la LStup n’a été modifiée afin de permettre des projets pilotes cannabis que grâce à la pression exercée par les villes. C’est donc une bonne nouvelle que Lausanne emboîte le pas à Berne sur cette thématique importante. A noter que la remise contrôle de cocaïne à des fins thérapeutiques est déjà possible en respect du droit suisse, comme cela a été souligné lors de la deuxième ronde organisée par l’OFSP en novembre 2024 sur la cocaïne et le crack (art. 3e LStup).
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