Ces centres, unique sur le territoire américain et fondés sur une approche de réduction des risques, offrent aux personnes consommant des drogues et aux travailleurs/euses du sexe, un espace sécurisé, hygiénique et supervisé. Ils garantissent également un accès à des soins de santé, à un accompagnement psychosocial et diverses ressources. Véritables remparts de santé publique, ils s’adressent à des populations fortement marginalisées, souvent sans domicile et en grande précarité, donc particulièrement exposées aux risques liés aux surdoses.
Pourtant, en dépit de leur efficacité prouvée et du soutien affirmé des autorités locales, ces centres sont aujourd’hui menacés par une reprise en main du pouvoir fédéral. Comme l’explique STAT News, le retour de Donald Trump à la présidence a ravivé les intentions de répression : le procureur fédéral de Manhattan, soutenu par des élus républicains, envisage de relancer des procédures contre ces structures, considérées comme non conformes au droit fédéral. Une menace d’autant plus alarmante qu’aucun décès n’y a été recensé depuis leur création, démontrant ainsi leur impact indéniablement positif.
Dans son document de plaidoyer de mai 2024, la Drug Policy Alliance plaide pour le développement et la régulation des Overdose Prevention Centers (OPCs) selon une approche souple et inclusive, ancrée dans l’expérience des premiers concernés : les usagers/ères de drogues et les travailleurs/euses du sexe. L’organisation insiste sur l’importance de garantir un accès à bas seuil, ce qui implique de préserver l’anonymat des personnes accompagnées, d’éviter les contraintes administratives et de privilégier des modèles souples et accessibles. Le rapport met en garde contre toute tentative de normalisation médicale excessive, qui risquerait de détourner ces centres de leur vocation première : offrir un espace de réduction des risques, en dehors du système punitif, au service de la santé, du social et de la dignité des personnes les plus stigmatisées.
Alors que la crise des opioïdes frappe de plus en plus durement les communautés les plus vulnérables, la fermeture de ces centres constituerait un recul dramatique. Au-delà des vies sauvées, c’est un modèle pionnier de santé publique, fondé sur l’écoute, la sécurité et la dignité, qui est aujourd’hui mis en péril.