Réunis à Vienne, les États membres de la Commission des stupéfiants des Nations Unies (CND) — aux côtés d’une société civile en nombre record, avec 933 représentant·e·s d’ONG issues de près de 200 organisations — ont débattu des réponses à apporter aux évolutions rapides des marchés des stupéfiants. Au cours de la session, plusieurs résolutions ont été adoptées, notamment sur les systèmes d’alerte précoce face aux nouvelles substances psychoactives, les chaînes d’approvisionnement liées au trafic de drogues, et les réponses de santé publique fondées sur les données scientifiques.
Ces discussions interviennent dans un contexte paradoxal : malgré des décennies d’efforts internationaux pour lutter contre le trafic, la production et la disponibilité de certaines substances, notamment la cocaïne, atteignent aujourd’hui des niveaux historiquement élevés, tandis que les drogues synthétiques gagnent du terrain dans de nombreuses régions du monde.
Des approches de santé publique encore contestées
Face à ces évolutions, les discussions diplomatiques ont notamment porté sur l’équilibre à trouver entre réponses sécuritaires, prévention, traitement et approches de santé publique. Les divergences entre États se sont notamment manifestées lors de l’adoption de la résolution L6, portée par la Finlande et la Norvège et intitulée Promoting integrated and coherent systems of scientific evidence-based drug-related public health responses. La résolution a finalement été adoptée avec 45 voix pour — dont la Chine —, seuls les États-Unis et l’Argentine votant contre. Comme le souligne l’International Drug Policy Consortium (IDPC), ce résultat témoigne d’un isolement croissant des positions prohibitionnistes les plus conservatrices.
La Suisse met en avant une approche pragmatique
Dans ce contexte international marqué par des visions parfois contrastées, la Suisse a contribué activement aux discussions de la session. La délégation suisse a notamment mis en avant l’expérience développée depuis les années 1990 à travers la politique des quatre piliers, combinant prévention, thérapie, réduction des risques et répression ciblée. Elle a également invité le GREA à participer à un événement parallèle consacré à ces approches.
Cette approche pragmatique continue d’alimenter les discussions internationales sur la manière de développer des politiques plus efficaces face aux défis liés aux drogues.
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