Le 15 septembre 2026, la Plateforme Handicaps & addictions du GREA a accueilli Pascale Ferrari, infirmière spécialiste clinique au DP-CHUV et maître d’enseignement à l’Institut et Haute École de la Santé La Source. Elle a présenté ELADEB, l’Échelle lausannoise d’autoévaluation des difficultés et des besoins, développée au Département de psychiatrie du CHUV.
Un jeu de cartes pour dire ce qui compte
Le principe est simple : c’est la personne qui évalue sa situation. Des cartes représentent les principaux domaines de la vie quotidienne : logement, travail, relations, santé, loisirs, etc. La personne les trie selon ce qui lui pose problème, puis selon ce qui compte le plus pour elle. Elle indique ensuite où elle souhaite un soutien supplémentaire, et avec quelle urgence. L’accompagnant·e veille à ne pas influencer les choix. La discussion qui suit débouche sur un projet construit en décision partagée. Selon ses concepteurs, l’outil se prête particulièrement aux personnes peu verbales, qui maîtrisent mal le français ou qui sont réticentes face aux questionnaires classiques, un atout pour le champ du handicap.
Un regard clinique et institutionnel
ELADEB fait émerger des besoins que l’équipe n’avait pas forcément identifiés. Il met aussi en lumière les écarts entre la perception de la personne et celle des professionnel·le·s. À l’échelle d’une institution, il permet de dresser un portrait des besoins d’une population et d’ajuster l’offre de prestations.
Une posture avant un outil
Pour les participant·e·s, l’apport principal tient à la posture que l’outil induit : partir des besoins tels que la personne les perçoit. Son usage dans le champ du handicap mental paraît possible, moyennant des adaptations. Le défi reste l’intégration durable dans les pratiques : maintenir les compétences après la formation et mobiliser les équipes. Un investissement jugé payant.
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