Médecin, ancienne cheffe du Service de la santé du canton du Tessin et membre de la CFANT, Martine Gallacchi a d’abord rappelé l’état des connaissances sur les effets de l’alcool. Toxique pour l’ADN cellulaire, source de stress oxydatif et de perturbations hormonales, l’alcool n’apporte pas de nutriments intéressants et de ce fait n’a pas d’effet favorable pour la santé, si ce n’est éventuellement sur les liens sociaux.
Pourquoi ces effets sont-ils si difficiles à mesurer ? L’alcool agit le plus souvent comme un co-facteur parmi d’autres, et les maladies qu’il favorise mettent des années à se développer. Comme il n’existe pas de niveau en dessous duquel la consommation d’alcool est sans danger, et que ce risque varie selon l’âge, le sexe et la situation de chacun·e, il n’est pas possible de fixer un seuil valable pour toutes et tous. Le message évolue vers une formule plus simple : boire moins, c’est mieux.
Pour Martine Gallacchi, il faut aussi redonner aux personnes la définition de leur propre santé, comprise comme un sentiment subjectif de bien-être et d’accomplissement, influencé par les comportements comme par l’environnement social et économique, mais également par des stratégies de marketing extrêmement agressives et efficaces. Les messages prescriptifs devraient laisser place à une approche qui respecte l’autonomie : chacun·e devrait pouvoir décider en étant clairement informé·e des risques.
Près de la moitié de la population suisse ne dispose pas de compétences suffisantes en santé (Careum, OFSP, 2022). Les professionnel·les du réseau ont ici un rôle de facilitateur·rices à jouer. Il s’agit de renforcer les compétences psychosociales, les compétences en santé (littératie) et les compétences de consommation, dans une posture de dialogue : « Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble pour que vous alliez mieux ? »
Depuis 2023, l’OMS affirme qu’il n’existe aucun niveau de consommation d’alcool sans risque pour la santé. En Suisse, la CFANT a publié en 2026 une synthèse des connaissances qui va dans le même sens et que l’OFSP a saluée. Le Parlement a pourtant adopté en 2026 la motion Würth, qui demande de suspendre les nouvelles recommandations sur la consommation modérée d’alcool. Le GREA et une large alliance d’organisations de santé s’opposent à cette suspension.
La PF s’est aussi penchée sur le futur. En 2027, trois séances seront organisées. Et comme c’est le souhait du GREA présenté par son co-secrétaire général, Maxime Mellina, chaque personne participant à la PF est invitée à devenir membre du GREA. La cotisation a été revue à la baisse : 50.- par an au lieu de 100.-. Les avantages sont nombreux.
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