Hépatite C : la guérison est à portée de main, mais les obstacles sont politiques

Un nouveau rapport du réseau Correlation – European Harm Reduction Network (C-EHRN) rappelle que l’hépatite C est guérissable, mais que stigmatisation et sous-financement freinent son élimination. 

Le réseau Correlation – European Harm Reduction Network (C-EHRN) publie son monitorage annuel de la réduction des risques, consacré à l’élimination de l’hépatite C. Fondé sur des données récoltées en 2025 dans 42 villes de 33 pays, dont Berne et Zurich pour la Suisse, le rapport dresse un constat clair : l’élimination est possible, mais des obstacles structurels en freinent la réalisation. 

Un traitement curatif sous-utilisé
Les antiviraux à action directe guérissent l’hépatite C dans plus de 95% des cas en quelques semaines. Pourtant, plus de 60% des personnes infectées dans l’UE/EEE l’ignorent. À cinq ans de l’échéance fixée par l’OMS pour 2030 concernant les objectifs d’élimination de l’hépatite C, le dépistage, l’équité de traitement et le suivi restent insuffisants. 

La stigmatisation comme principal frein
Le dépistage existe dans 39 des 42 villes, mais y accéder reste inégal, et le parcours de soins se fragmente après le premier test. Surtout, la discrimination est répandue : dans 26 villes, les personnes qui consomment des substances sont moins bien traitées chez les médecins généralistes, et cinq villes refusent encore le traitement en raison de la consommation active — une discrimination que les recommandations cliniques dénoncent.  

Des solutions connues, mais sous-financées
Les services de réduction des risques comblent ces lacunes (information, accompagnement, orientation), mais 62% des villes signalent de sérieuses contraintes dans la délivrance des soins, principalement faute de financement stable. Le rapport formule six priorités : financement durable, fin des exclusions liées à la consommation, accès universel sans condition de statut, décentralisation des soins, lutte contre la stigmatisation et re-dépistage systématique. 

Un rappel pour la Suisse romande
Le rapport conforte la pertinence du modèle des quatre piliers et invite les professionnel·le·s à renforcer les passerelles entre dispositifs bas seuil et soins spécialisés, et à garantir l’accès aux soins sans discrimination. 

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