La kétamine en Europe : des signaux préoccupants

L’EUDA publie un rapport sur la kétamine : hausse des importations sans augmentation des besoins médicaux et vétérinaires, saisies en progression et risques sanitaires croissants.

L’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) publie en mars 2026 le document Ketamine in Europe: EMPACT situation report, dressant un état des lieux préoccupant de la disponibilité, des usages et des risques associés à la kétamine en Europe.

 

Une tension entre importations et usages médicaux

Médicament essentiel selon l’OMS, la kétamine n’est soumise à aucun contrôle international de l’ONU, ni à un contrôle harmonisé au niveau européen, ce qui permet son importation avec une surveillance limitée. La classification de la kétamine — stupéfiant, nouvelle substance psychoactive ou simple médicament — dépend des législations des États membres. Le rapport documente une hausse marquée des importations de cette substance en Europe alors que l’utilisation hospitalière et les prescriptions sont restées stables entre 2014 et 2023. Les auteur·e·s soulignent toutefois d’importantes lacunes de données, liées au manque de mécanismes de coopération à l’échelle européenne, qui empêchent de tirer des conclusions fermes sur les causes de cette évolution. Les saisies dans l’UE illustrent la tension : elles ont atteint au moins 3,5 tonnes en 2024, contre moins de 200 kg en 2016.

 

Des risques sanitaires en hausse

La consommation non médicale de la kétamine reste faible en population générale, mais les dommages associés progressent dans certains contextes — milieux festifs, jeunes adultes, et chez des adolescent·e·s dans certains pays. Parmi les préoccupations cliniques, les complications urologiques sont particulièrement documentées : cystite ulcéreuse, dysfonction vésicale et atteintes rénales, qui peuvent évoluer à bas bruit avant d’être identifiées. Des risques psychologiques sont également rapportés, notamment des états dissociatifs, de l’anxiété et des symptômes dépressifs. Le nombre de personnes cherchant un accompagnement spécialisé a plus que quadruplé entre 2018 et 2023 dans six pays européens. Ces tendances invitent les professionnel·le·s romand·e·s à renforcer leur vigilance face à une substance encore peu visible dans les statistiques nationales.

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