Cinq ans après la votation qui a ouvert la voie à un accès régulé à la psilocybine dans l’État de l’Oregon, les premières données consolidées permettent d’esquisser un bilan. En 2025, près de 6 000 personnes ont bénéficié d’un accompagnement dans ce cadre spécifique, reposant sur des sessions supervisées, précédées d’une phase de préparation et suivies d’un temps d’intégration.
Ce modèle, qui se distingue clairement d’un usage récréatif, s’inscrit dans une approche structurée visant à encadrer les pratiques et à réduire les risques. Il repose notamment sur la présence de professionnel·le·s formé·e·s, ainsi que sur des protocoles standardisés. L’État du Colorado s’est engagé dans une voie similaire, en autorisant à son tour des centres dès 2025.
Bien que ces chiffres restent limités à l’échelle des États-Unis, ils témoignent de la faisabilité opérationnelle d’un dispositif d’accès régulé à la psilocybine. Ces initiatives constituent, à ce stade, des formes d’expérimentations réglementaires, dans un contexte où la substance demeure interdite au niveau fédéral et n’est pas reconnue comme traitement médical standardisé.
Ces évolutions interrogent les cadres traditionnels de régulation des substances psychoactives. Elles invitent à considérer des modèles hybrides, situés entre prohibition et médicalisation stricte, et centrés sur des objectifs de santé publique, de réduction des risques et d’accompagnement des usages.
En Suisse, un dispositif existe déjà sous la forme d’autorisations exceptionnelles délivrées par Office fédéral de la santé publique, permettant à un nombre limité de médecins de recourir à certaines substances psychédéliques dans des situations cliniques spécifiques. Cette approche, plus restrictive, s’inscrit dans un cadre médicalisé et individualisé.
Dans ce contexte, les expériences menées aux États-Unis offrent des points de comparaison utiles pour alimenter la réflexion sur l’évolution des politiques publiques en matière de drogues. Elles soulignent l’importance d’un encadrement rigoureux, d’une formation adaptée des intervenant·e·s et d’une évaluation continue des pratiques.
En Suisse, des initiatives comme celles portées par Psychédélos participent à documenter ces dynamiques internationales et à ouvrir des espaces de réflexion autour d’un accès éthique, sécurisé et équitable aux thérapies assistées par psychédéliques.
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