Act-info est un système de monitorage national qui a pour objectif de récolter des données sur les personnes prises en charge par des structures d’aides (ambulatoire ou résidentielle). Act-info permet d’avoir des informations à la fois sur le profil des personnes prises en charge et sur le type de consommation concernée.
Le rapport pour 2024 vient de sortir. Près de 40’000 personnes ont été prises en charge et voici les grandes tendances :
Alcool : avec presque la moitié des personnes concernées, la consommation d’alcool reste le motif de prise en charge le plus fréquent. Par rapport aux autres types de consommation, c’est dans ce groupe que la moyenne d’âge est la plus élevée (45 ans). Les données ont également permis de relever que la prise en charge intervient en moyenne plus de 10 ans après le début de la consommation problématique. La banalisation de la consommation a encore tendance à retarder la prise de conscience et le recours à l’aide professionnelle.
Cocaïne : la cocaïne est la deuxième consommation la plus représentée avec un taux de 12%. Les admissions pour ce motif ont particulièrement augmenté avec une hausse de plus de 40% depuis 4 ans. L’âge des personnes concernées a aussi évolué. La population a également évolué : s’il était rare que les personnes aient plus de 50 en 2006, c’est beaucoup plus fréquent en 2024.
Cannabis : 10% des personnes prises en charge le sont pour une problématique liée au cannabis. Les traitements répétés sont également plus rares pour ce type de consommation. Si la moyenne d’âge reste la plus faible (27 ans), la part des moins de 20 ans a chuté de 61% à 28% des admissions. Cette baisse s’explique probablement par la décision du Tribunal fédéral de ne plus sanctionner la possession de petites quantités de cannabis. Les orientations de mineur·e·s vers des structures de soutien par la justice ont donc fortement diminué.
Opioïde : la consommation d’opioïde concerne moins de 10% des personnes prises en charge. Ces dernières années, on observe également un vieillissement de la population concernée. Les chiffres semblent montrer l’existence d’une cohorte vieillissante de personnes touchées par les opioïdes. La proportion de réadmissions est particulièrement élevée pour les opioïdes (tout comme pour la cocaïne), ce qui montre bien la complexité de ces situations qui mêlent étroitement enjeux psycho-sociaux et de santé.
Malheureusement, en raison des coupes budgétaires, act-info devra réduire le catalogue de données récoltées. Cette situation pose un vrai problème, car documenter les addictions permet d’en comprendre les enjeux et évolutions : des connaissances absolument nécessaires pour piloter nos politiques publiques et adapter nos mesures.
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