Le 24 mars 2026, le jury civil de Santa Fe (Nouveau-Mexique) a déclaré Meta responsable de la mise en danger de mineur·e·s sur ses plateformes Facebook et Instagram. La condamnation à 375 millions de dollars de dommages et intérêts constitue une première aux États-Unis, comme le souligne Le Temps — aucun géant technologique n’avait jusqu’ici été tenu responsable en justice de la nocivité de ses plateformes — et clôt provisoirement un dossier que le GREA suivait de près.
La captation de l’attention au cœur du procès
L’enjeu central n’était pas seulement la présence de contenus illicites, mais bien la conception délibérée de plateformes destinées à maximiser l’engagement — y compris chez les plus jeunes. Le procureur général du Nouveau-Mexique, Raul Torrez, avait reproché à Meta d’avoir encouragé la surconsommation de ses applications par les mineur·e·s tout en dissimulant les effets que ce phénomène pouvait causer.
Comme le GREA le documentait en février 2026, les études internes de Meta établissaient depuis plusieurs années un lien causal entre l’usage intensif d’Instagram et la dégradation du bien-être des adolescent·e·s — résultats restés confidentiels pendant que l’entreprise optimisait ses algorithmes d’engagement.
Un précédent, pas une conclusion
Meta a annoncé faire appel dans les minutes suivant le verdict, tandis qu’en Californie un procès similaire impliquant Meta et Google est parallèlement en cours de délibération.
Ce verdict ne résout pas la question de fond : comment réguler des environnements numériques dont les mécanismes de récompense sont conçus pour maximiser l’engagement — les mêmes que ceux documentés dans les addictions comportementales ? C’est précisément ce débat, entre responsabilité structurelle des plateformes et protection de la santé publique, que ce jugement contribue à ancrer durablement dans l’espace juridique et politique.
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