En octobre 2025, le Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies a adopté sans vote la Résolution 60/26 sur « les implications des politiques de drogues en matière de droits humains », portée par la Colombie au nom d’un groupe interrégional incluant notamment la Suisse. Selon l’International Drug Policy Consortium (IDPC), qui analyse ce texte dans une note de mars 2026, la résolution marque une étape significative dans l’ancrage des droits humains au cœur des débats onusiens sur les drogues — une évolution que le GREA salue.
Un contexte tendu
L’IDPC relève que la résolution s’est inscrite dans un moment particulièrement chargé : exécution d’une personne de nationalité malaisienne pour infraction à la législation sur les drogues à Singapour, et poursuite des frappes militaires américaines en mer des Caraïbes — que le GREA a documentées — ayant causé la mort d’au moins 150 personnes au 27 février 2026. Ces éléments ont renforcé l’urgence d’un traitement plus systématique de la dimension des droits humains à Genève.
La réduction des risques consolidée
Malgré ces tensions, le terme « réduction des risques », apparu pour la première fois dans une résolution drogue du CDH en 2023, passe d’un à trois paragraphes. Une tentative russe de le supprimer a été rejetée à 25 voix contre 10 — un résultat plus favorable qu’en 2023. Aucune réserve n’a par ailleurs été ajoutée au langage sur la réduction des risques, ce que l’IDPC interprète comme un pas vers sa normalisation en tant que composante essentielle du droit à la santé.
Fin du « monde sans drogues »
Pour la première fois, une résolution sur les drogues du CDH ne contient pas l’engagement en faveur d’une « société sans abus de drogues ». Cette formulation, longtemps utilisée pour justifier des politiques violant les droits humains, avait déjà disparu des résolutions « omnibus » de l’Assemblée générale en 2022 et 2024 — elle reste toutefois présente à la Commission des stupéfiants (CND) à Vienne.
Nouvelles thématiques
La résolution reconnaît pour la première fois le « droit à un environnement sain et durable » dans la conception des politiques de drogues. Elle renforce la perspective de genre et demande un rapport au Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) sur les implications pour les femmes et les filles. Elle contient également le langage le plus fort à ce jour en matière de protection de l’espace civique pour les organisations de la société civile.
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