Le Laboratoire cantonal de Bâle-Ville a publié les résultats d’une campagne de contrôle portant sur 32 cigarettes électroniques jetables vendues en Suisse. Les conclusions sont préoccupantes : seuls trois produits (9,4%) se révèlent conformes à la législation.
Les principales non-conformités concernent le dépassement du volume maximal autorisé de liquide (13 produits), avec des volumes allant jusqu’à 4,7 mL alors que la limite légale est fixée à 2 mL. Deux produits affichent des concentrations de nicotine dépassant largement le seuil maximal de 20 mg/mL, atteignant 31,9 mg/mL et 29,1 mg/mL. Un produit contient du méthylsalicylate, substance classée comme reprotoxique.
L’étude met en lumière un problème majeur de transparence : 21 produits ne déclarent pas l’ensemble de leurs ingrédients. Particulièrement préoccupant, 27 cigarettes électroniques contiennent du WS-23, un agent rafraîchissant qui atténue la toux lors de l’inhalation. Cette substance n’est déclarée que dans huit produits.
Les chercheur·euse·s soulignent que la toxicité de ces substances rafraîchissantes par inhalation reste mal documentée. Cette absence de déclaration empêche les personnes consommatrices de faire des choix éclairés et les professionnel·le·s d’évaluer correctement les risques.
Au-delà des risques sanitaires, l’enquête révèle des manquements graves en matière de protection de l’environnement. Sur 23 produits contrôlés, 11 importateurs n’ont pas payé la taxe anticipée de recyclage obligatoire pour les batteries. De plus, quatre produits présentent des teneurs en plomb dans les soudures dépassant les limites autorisées.
Ces cigarettes électroniques jetables posent un problème écologique majeur : chaque produit contient une batterie rechargeable qui finit généralement dans les ordures ménagères ou dans la nature, au lieu d’être correctement recyclée. ¨
Ces résultats ne remettent pas en cause le potentiel de la vape comme outil de réduction des risques pour les personnes fumeuses. Comme le souligne le GREA, le vapotage peut constituer une alternative efficace à la combustion du tabac, responsable dans la grande majorité des atteintes à la santé liées à la nicotine. Les études scientifiques récentes, dont l’étude suisse ESTxENDS, attestent de l’efficacité de la vape dans l’arrêt du tabagisme lorsqu’elle est accompagnée d’un conseil adapté.
Toutefois, les non-conformités massives constatées sur les produits jetables soulignent l’urgence d’un encadrement réglementaire plus strict. Les professionnel·le·s des addictions appellent depuis plusieurs années à une véritable politique de réduction des risques dans le domaine de la nicotine, qui encadre de manière rigoureuse les produits tout en garantissant l’accès à des alternatives moins nocives que le tabac combustible.
Le Laboratoire cantonal de Bâle-Ville a ordonné le retrait immédiat du marché des produits présentant les non-conformités les plus graves et exigé des importateurs la mise en conformité des déclarations. Cette action de contrôle illustre la nécessité de renforcer la surveillance du marché pour garantir la sécurité des personnes consommatrices tout en préservant l’accès à des outils de réduction des risques de qualité.
Pour rappel, le Parlement a adopté en 2025 une motion demandant l’interdiction généralisée des cigarettes électroniques jetables en Suisse.
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