Support. Don’t punish

Support. Don't punish est une campagne mondiale de plaidoyer visant à promouvoir de meilleures politiques des drogues qui mettent la priorité sur la santé et les droits humains. Les usager-ère-s de drogues doivent pouvoir être soutenus afin qu'ils puissent mener une vie digne, avec ou sans drogue.

De quoi s'agit-il ?

« Dans le trafic d’idées comme dans le trafic de drogue, on punit l’usager sans toucher au dealer ! » c’est ce qu’affirme Guy Bedos, membre de la ligue des droits de l’homme. C’est aussi ce que la politique internationale de guerre contre les drogues nous a montré ces dernières années. L’augmentation d’incarcérations de consommateurs et leur constante criminalisation n’a pas réussi à mettre un frein au trafic de substances illicites. Au contraire, ce dernier en a tiré un profit croissant. Or, un nombre grandissant de citoyens et d’institutions ont décidé de faire entendre leur voix pour que ces politiques soient réformées au bénéfice d’une approche pragmatique centrée sur les droits humains et la santé publique. Ce mouvement a vu sa naissance en 2013 à travers la campagne mondiale « Support. Don’t punish ».

« Support. Don’t punish » est une campagne mondiale de plaidoyer visant à soutenir le consommateur dans son parcours vers la sortie de la dépendance. La campagne envisage des politiques centrées davantage sur la réduction des risques et sur le bien être du consommateur et de ses proches. Pour ce faire, elle organise une journée d’action mondiale le 26 juin, par ailleurs journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues et journée internationale de soutien aux victimes de la torture. « Support. Don’t punish » a été conçue dans le cadre du projet Action Communautaire pour la Réduction des Risques (CAHR). En Suisse, elle est organisée en collaboration avec le GREA et sa plateforme Réduction des risques.

Page officielle Support. Don't Punish

Communiqué de presse GREA

Quels sont les objectifs de Support. Don't punish

Ces dernières années, la guerre aux drogues s’est avérée extrêmement couteuse et contreproductive. Une guerre qui n’a pas réussi à freiner la consommation et l’offre de drogues et qui a contribué à la propagation de maladies infectieuses du Sida, de tuberculose et d’hépatite. Elle continue chaque année à provoquer des violations des droits humains autour du monde et elle empêche dans certains Pays l’accès aux médicaments contre la douleur ou les soins palliatives, contribuant ainsi au nombre de morts parmi les usager-ère-s. La campagne « Soutenez. Ne Punissez Pas » demande ainsi d’arrêter de punir les consommateurs de stupéfiants afin de leur permettre de mener une vie digne. Son objectif est de promouvoir une réforme des politiques drogues qui entravent l’accès aux interventions de réduction des risques.

Ses objectifs sont :

  • La réforme du système de contrôle international des drogues ;
  • L’application de peines proportionnelles selon la réelle gravité du crime pour la société, en accord avec la position dans le commerce des drogues ;
  • L’abolition de la peine de mort pour les délits liés aux drogues ;
  • La promotion de politiques drogues basées sur la science, la santé, les droits humains et la réduction des risques.
  • Garantir que les politiques drogues ne fassent pas plus du mal que les drogues elles-mêmes.

 

Les impacts négatifs de la guerre aux drogues ont interpelé les Nations Unies qui ont organisé une Session Extraordinaire de l’Assemblée générale qui a eu lieu en avril 2016 à New York, pour évaluer la situation actuelle des politiques internationales sur le sujet et envisager des solutions afin d’inverser le phénomène.

Réduction des risques

Retour sur l'Ungass 2016 - Jean-Félix Savary

Chiffres sur la campagne

La journée d’action de la campagne visait au début cinq villes dans cinq pays du monde.  Son expansion témoigne du succès de la mobilisation : alors qu’en 2013, 41 villes de 21 pays différents ont participé à la journée, en 2014 le nombre de mobilisations a touché 100 villes dans 48 pays du monde, pour rejoindre plus de 150 villes l’année dernière. En Suisse aussi, des actions ont été menées à partir de 2014, notamment à Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel et Montreux. Cette tendance met en évidence le mécontentement général de la population en regard des politiques drogues punitives actuellement en place.

Un grand nombre d’activités ont été menées autour du monde dans le cadre de la journée d’action du 26 juin : organisation de conférences et débats, publications et reportages, marches et activités artistiques dans les rues ainsi que la possibilité de faire de tests gratuits du VIH/Sida dans les espaces publics.

En 2015, plusieurs associations romandes telles que le GREA (Lausanne), Première Ligne (Genève), Fondation Neuchâtel Addiction, Fondation ABS (Lausanne), Fondation AACTS (Vevey), Le Tremplin (Fribourg), l’UAS de la Fondation de Nant ainsi que plusieurs citoyens on participé à cette journée. La radio communautaire FM-R a dédié une émission à ce sujet.

La campagne Support don't punish prend de l'ampleur - IDPC

Emission Radio FM-R Support. Don't Punish

Impact de la campagne

Une évaluation indépendante de « Support. Don’t Punish » menée par le Consortium International sur les Politiques des Drogues montre une augmentation des connaissances de la part du public, des ONG et des organisations internationales sur l’impact négatif de la guerre aux drogues ainsi que sur les approches alternatives à entrevoir. La campagne a permis la mise en réseau d’acteurs travaillant dans le milieu de la santé et des addictions, ainsi qu’une meilleure communication entre les ONG et les gouvernements. De plus, la campagne a mis en lumière les besoins des personnes vivant avec une dépendance et a amélioré la connaissance de ces dernières par rapport à leurs droits.

La campagne « Support. Don’t punish» a porté dans l’espace public un certain nombre de revendications telles que la règlementation des marchés des drogues, la protection de droits citoyens des consommateurs et la promotion des mesures de réduction des risques (distribution de seringues stériles, traitements de substitution, salles de consommation à moindre risque). Cela a permis l’avancement du débat public sur le sujet.

Evaluation indépendante IDPC de la campagne

« Support. Don't punish » prend de l'ampleur

En 2016, année marquée par la Session Extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues (UNGASS), la journée d’action prend de l’ampleur, suivant le trend positif qui a commencé en 2013.

Au niveau Suisse, plusieurs manifestations sont organisées dans les villes romandes. Un grand évènement à Lausanne propose  plusieurs activités à ne pas manquer pour tout le monde. La plateforme Réduction des risques du GREA, en collaboration avec le GREA, le CAPTT et le Relais ont lancé pour la journée d’action 2016 un projet de film dont l’objectif est celui de présenter une vision kaléidoscopique des opinions vis-à-vis de la réduction des risques et de la question des drogues par les usager-ère-s eux-mêmes. Le rendez-vous est donc fixé pour le dimanche 26 juin 2016 sur la place du Vallon à Lausanne.

 

Photos

Le Tremplin, Fribourg

Pierre-Alain Clément, Ancien Syndic de la ville de Fribourg

Genève, Place des Nations

La plateforme "Reduction des risques" du GREA

 Pays qui ont participé à la journée d'action en 2013

 Pays qui ont participé à la journée d'action en 2014

 

Vidéos

Vidéos Support. Don't Punish

De la guerre à la drogue à la réglementation du marché - Dick Marty

Le coûts de la guerre à la drogue - Michel Kazatchkine