Dépendances 24 - Quel avenir pour les thérapies résidentielles?

Dépendances

Titre: 
Quel avenir pour les thérapies résidentielles?
Numero: 
N°24
Date de parution: 
01.12.2004
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Edito par Corine Kibora

En 1999, dans le numéro dedépendances intitulé «Les institutions résidentielles en crise: état de la question», Gérald Progin soulignait que «les pistes de solutions» devaient passer «par une sérieuse réflexion sur les valeurs, l’éthique et la qualité des prestations offertes par les institutions résidentielles.» Si des démarches qualités ont été entreprises par les institutions, cela n’a pas empêché la fermeture de 40 d'entre elles ces six dernières années. Le retrait de l’OFAS dans le financement du réseau résidentiel a pesé lourd dans ces restructurations, effectuées le plus souvent sur la base de restrictions budgétaires plutôt que sur des concepts de prise en charge. Par ailleurs, les institutions, par l’introduction de contrats de prestations, doivent faire face à des exigences de rentabilité, qui aboutissent à des pratiques mettant en jeu l’éthique professionnelle. Il n’est pas rare aujourd’hui que la durée du traitement soit raccourcie uniquement pour des raisons financières, ou que l’on refuse les cas les plus lourds pour maintenir l’efficacité des soins. L’avenir du secteur résidentiel reste incertain: ce numéro, dont les articles ont été rassemblés par Nicolas Dietrich de COSTE, esquisse des pistes pour que le transfert de compétences aux cantons ne mette pas en péril ce pilier de la politique des drogues, mais on perçoit que la mise en œuvre des solutions préconisées ne se fera pas sans difficultés. A ce jour, seuls six cantons ont terminé leur procédure d’adhésion à la Convention intercantonale relative aux institutions sociales. A cela s’ajoute l’évolution médicale de la prise en charge de la population toxicodépendante. L’intégration progressive des patients en traitement de substitution dans le parcours résidentiel a modifié les façons depenser le rétablissement, et, bien que le débat soit encore teinté d’idéologies, il est aujourd'hui admis que l’abstinence est un moyen parmi d’autres de tendre vers une meilleure autonomie. Il reste essentiel que les approches envisagées permettent de replacer la personne, ses besoins et ses ressources au centre du processus d’indication et du parcours thérapeutique. Cela implique la définition de groupes-cibles précis et d’objectifs thérapeutiques clairement établis. Cette perspective est un défi d’envergure à l’heure où les restrictions budgétaires guident beaucoup de choix. C’est pourtant à travers la mobilisation des différents savoirs professionnels qu’une prise en charge de qualité des per-sonnes dépendantes pourra être maintenue.

 

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