Dépendances 21 - Dépendance à l'alcool et vie professionnelle: quels enjeux?

Dépendances

Titre: 
Dépendance à l'alcool et vie professionnelle: quels enjeux?
Numero: 
N°21
Date de parution: 
01.11.2003
Téléchargez les articles

Edito par Corine Follonier

Cette année, la 7e journée suisse de solidarité avec les personnes touchées par l’alcool est consacrée à la problématique de l’alcool au travail et rencontre un vif succès. Peu étonnant, quand on sait qu’en Suisse 5% des personnes actives professionnellement ont un problème de dépendance à l’alcool. Comment cette réalité est-elle perçue et gérée au quotidien? Quelle est la place de la prévention des dépendances au sein de l’entreprise? Quel est le rôle que peut jouer l’employeur face au problème d’alcool d’un collabo--rateur? Depuis vingt ans, la prévention des dépendances en entreprise a fait du chemin. Selon une enquête de 1999 menée par l’ISPA, plus de 60% des entreprises ont pris des mesures concernant notamment l’accessibilité à l’alcool sur le lieu de travail. Pourtant, à peine la moitié de ces entreprises disposent de directives claires sur ce qu’il convient de faire avec les colla-borateurs dépendants de l’alcool. Trop souvent encore, le déni et l’évitement du problème prévalent en milieu professionnel. Et cela parfois faute de ressources. Parce que les employeurs sont démunis, parce que les milieux de la prévention n’ont pas toujours les moyens à disposition pour accompagner une démarche préventive au sein de l’entreprise. Le milieu professionnel possède pourtant un potentiel énorme en matière de dépistagedes situations à problèmes et d’orientation vers un changement. Donner le choix de choisir, engager une collaboration avec une institution de traitement, garantir un retour à la vie professionnelle, autant de démarches qui portent leurs fruits et dont ce numéro de dépendances veut se faire l’écho. Car une telle politique face aux problèmes d’alcool en milieu professionnel ne bénéficie pas seulement à la personne concernée: l’entreprise retrouve le savoir-faire d’un employé motivé, et de manière plus large, participe à la diminution du coût social de l’alcoolisme, estimé en Suisse à 6.5 milliards de francs. A l’heure des coupes budgétaires, ne serait-il pas judicieux d’agir en amont?