Jeu pathologique: le programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu (PILDJ)

Le jeu pathologique touche entre 50'000 et 100'000 personnes en Suisse. Les autorités ont été amenées à légiférer afin que le danger que représentent les pratiques de jeux soit pris en compte. Dans ce cadre, les cantons romands ont décidé d’unir leurs efforts et de lancer un programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu. Ce mandat a été confié au GREA.

Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu (PILDJ)

0800 801 381 – www.sos-jeu.ch

Les jeux d’argent de hasard sont une activité ludique très prisée des Suisses romands. Alors que la grande majorité des joueurs y trouve l’occasion de se détendre, il en va autrement pour une catégorie de personne qui peuvent en devenir dépendants. Le jeu pathologique touche entre 50'000 et 100'000 personnes en Suisse. Cette dépendance peut conduire à des situations d’endettement et d’isolement social graves. Rares sont celles qui, le plus souvent lorsque la situation est déjà très gravement péjorée, accèdent aujourd’hui aux soins (2%). Parallèlement, l’offre de jeu a massivement augmenté ces dernières années en Suisse, notamment depuis l’introduction des casinos en 2000. Actuellement, 19 casinos sont actifs sur le territoire (le plus haut taux au monde) et les jeux de loteries sont de plus en plus nombreux et diversifiés.

Ces circonstances ont amené les autorités à légiférer (loi sur les maisons de jeux en 1999 et convention intercantonale sur les loteries et paris en 2006) afin que le danger que représentent pour une frange de la population les pratiques de jeux soit pris en compte. Dans ce cadre, les cantons romands ont décidé d’unir leurs efforts et de lancer un programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu, qui s’inscrit dans le cadre de ces nouvelles exigences. Ce mandat a été confié au GREA.

En 2005, le GREA s’était déjà vu confier un large travail de recherche sur le jeu excessif. Il s’agissait alors d’identifier les ressources à disposition pour le traitement des joueurs pathologiques, d’analyser les besoins en la matière ainsi que dans le domaine de la prévention pour enfin conceptualiser un dispositif susceptible d’optimaliser l’offre existante.

Le programme intercantonal s’inscrit dans cette perspective. Il vise en premier lieu à sensibiliser la population au problème du jeu excessif de manière à ce que les personnes touchées de près ou de loin par cette problématique puissent parvenir à identifier, avec l’aide d’un spécialiste s’il le faut, quelles sont les difficultés qu’elles ou leurs proches rencontrent. Le programme prévoit, dans cette perspective, un système de communication facilité, notamment par le biais d’une permanence téléphonique (0800 801 381). Les joueurs pathologiques doivent pouvoir accéder facilement aux offres de traitement, encore faut-il que cette offre leur soit connue. L’addiction au jeu se soigne, il existe des traitements qui font leurs preuves et des services spécialisés en la matière. Le programme intercantonal inventorie les centres de traitement en la matière et diffuse largement cette information, notamment par Internet (www.sos-jeu.ch). Il offre également aux joueurs excessifs la possibilité d’accéder à une démarche de traitement par Internet.

La sensibilisation des professionnels est elle aussi envisagée, de manière à ce que les personnes touchées par l’addiction au jeu puissent être détectées le plus tôt possible et orientées vers les services adaptés. De nombreux professionnels sont amenés, sans le savoir, à prendre en charge des joueurs pathologiques. Lorsque la problématique émerge, la situation est souvent déjà extrêmement détériorée. Le programme intercantonal soutient la formation des professionnels pour optimaliser une détection précoce de la dépendance au jeu.

Plus globalement, jusqu’ici, les autorités cantonales ont soutenu des projets de prévention et d’intervention mais les paysages varient d’un canton à l’autre et les réseaux d’intervention se développent dans le particularisme lié à chaque région. Le programme intercantonal garantit une bonne gestion des ressources : la centralisation des informations relatives aux actions menées dans chaque région permet de structurer le réseau des professionnels et d’améliorer la cohérence nécessaire à une intervention ciblée. Il soutient également la recherche par le biais d’une étude romande sur la dépendance au jeu qui entend donner un éclairage général sur les pratiques actuelles.

Pour une description détaillée du programme :

www.sos-jeu.ch

Pour toute question sur le programme, contacter :         

Frédéric Richter, GREA

Courriel : f.richter@grea.ch  /  Tél. : 024 426 34 90